lundi 3 novembre 2014

Misery, par Nakiami

À mon tour de parler de Misery à l'occasion de cette 10e session de CaroLire. Je ne reviendrai pas sur le synopsis, déjà brillamment évoqué par Ellane. Passons directement à mon avis...

Je viens juste de terminer Misery, et j'en tremble encore. J'ai pourtant eu beaucoup de mal à rentrer dans l'histoire au début, je n'arrivais pas à éprouver ni sympathie ni empathie pour Paul, ni dégoût pour Annie... Et bien je peux vous dire que ça a vite changé ! Annie Wilkes est un personnage fascinant, complexe. Elle est totalement imprévisible et pour moi c'est elle qui tient tout le roman du début à la fin, qui garde notre intérêt intact. Tout comme Paul Sheldon, on craint chacune de ses réactions, et lorsqu'il projette quelque chose, on ne peut s'empêcher d'imaginer ce que l'esprit complètement tordu d'Annie va bien pouvoir inventer pour le punir. Et tout comme Paul Sheldon, on bascule vite dans l'horreur et le malsain. Je pense notamment à la fameuse scène de la hache, ou encore à la bougie du gâteau d'anniversaire (j'en ai encore des frissons brrrrr).

Stephen King n'utilise aucun artifice surnaturel dans Misery, mais le résultat est au rendez-vous, car l'auteur maîtrise à la perfection son récit, nous amenant crescendo jusqu'au grand final tant attendu, aussi horrible et dérangé qu'on aurait pu l'espérer, et tellement jouissif !

J'ajoute qu'en tant que membre de la grande famille Édition, je ne pouvais pas rester insensible au Retour de Misery, qu'Annie l'oblige à écrire afin de ressusciter son idole. Avoir deux romans en un, qui se "parlent" tout au long de l'ouvrage, c'est une cerise sur le gâteau que j'ai pu savourer à sa juste valeur (même si on est bien d'accord que les romans à l'eau-de-rose et complètement tordus comme les aventures de Misery Chastain ne sont pas du tout ma tasse de thé, hein ? xD).

Voilà, je finirais en disant qu'à mon avis, le nom d'Annie Wilkes (brrrr) me fera frissonner encore bien longtemps après avoir refermé ce livre...

Ma note : ****

PS : j'adore le terme biscornouille !

  

jeudi 23 octobre 2014

Docteur Sleep, par Ellane

Docteur Sleep, Stephen King

Souvenez-vous : une famille dont le père alcoolo n'a trouvé d'autre emploi que de garder l'hôtel l'Overlook pendant la saison froide, des arbustes taillés en forme d'animaux qui semblent prendre vie quand on ne les regarde pas, la chambre 123 et son habitante, la chaudière qu'il faut remonter toutes les 24 heures...
Vous en aviez rêvé ? S. King l'a fait, et nous propose ici de découvrir la suite de Shining. Dan est devenu grand. Il fait, pourrait-on dire, honneur à son père : il boit comme un trou, passe de ville en ville dès que les choses chauffent pour lui, et continue à voir des choses que les autres ne voient pas. Un jour, il touche le fond. Le prochain arrêt, Frazier, sera le bon. Il pose ses valises et, après un peu de travail pour Teeny village, le village miniature touristique de la ville, et son inscription à l'équivalent américain des alcooliques anonymes, il est embauché comme aide-soignant à l'hospice de la ville et... accompagne, à l'aide de son Don, ceux dont vient le tour de mourir. C'est pourquoi on le surnomme Dr Sleep.
Dans le village voisin, Abra, un bébé, vient de naitre. Elle aussi a le Don. À vrai dire, à côté d'elle, Dan est un amateur.
De l'autre côté des États-Unis, une bande de dégénérés qui se font appelé le Nœud Vrai, parcourt les autoroutes dans leurs grandes caravanes. Le Nœud vrai est composé d'une bande de pseudo-vampires qui, au lieu de boire du sang, se nourrissent du Don que les enfants qui en sont possesseurs émettent lorsqu'ils agonisent. Sous la houlette de Rose, ils rêvent de l'orgie qui aura lieu quand ils auront trouvé Abra, la plus grande "Gueule de vapeur" qu'ils n'ont jamais sentie.
Quand l'élève est prêt, le maitre parait, parait-il.

Personnellement, j'ai beaucoup, beaucoup, apprécié ce livre. Je pourrai lui faire plein de reproches : les personnages sont hyper-stéréotypés, la lutte est celle, classique, du bien contre le mal, des faibles qui n'ont aucune chance de gagner contre les forts. Mais j'ai trouvé le déroulement de l'intrigue bien fait, l'écriture de King est toujours aussi cynique et drôle, le suspense est haletant, l'action très présente, il y a une pointe de terreur, un chouilla  d'épouvante, et, si l'on voit bien là où nous emmène avec beaucoup de talent l'auteur, la fin réserve quelques bonnes surprises !
Le tout donne un cocktail réussi et équilibré, qui aurait peut-être mérité un développement un peu plus long, mais qui me donne envie de renouer avec cet auteur dont les dernières œuvres (Dôme, Cellulaire…) m'avaient franchement peu emballée !

En bref, je me suis fait plaisir avec cette lecture réjouissante, et je regrette seulement de n'avoir pas profité de l'occasion pour relire l'excellent Shining !
  

Misery, par Ellane

Misery, Stephen King

Paul Sheldon est très content : il a tué la poule aux œufs d'or, Misery Chastain, héroïne de romans à l'eau de rose qui lui a apporté notoriété et aisance financière, pour se consacrer à l'écriture d'un "vrai livre" d'auteur, Fast Car. Au volant de sa vieille voiture, il fête le mot "fin" déposer sur le premier jet de son nouveau manuscrit. Mais entre le champagne, l'euphorie, les virages et la tempête de neige, il perd le contrôle de son véhicule et c'est l'accident.

C'est Annie Walker qui le dégage de sa voiture. Ancienne infirmière vivant à présent seule dans une maison sans voisin, elle a posé des éclisses sur ses jambes en petits morceaux et lui fournit du Novril, des antidouleurs codéinés dont Paul ne peut bientôt plus se passer. Annie a reconnu en Paul Sheldon l'auteur qui écrit les aventures de Misery, dont elle est la fan numéro un.

Tout va presque bien dans le meilleur des mondes possibles jusqu'au jour où Annie découvre le triste sort que Paul a réservé à Misery dans son dernier roman (elle attend toujours la parution en édition de poche des aventures de son héroïne préférée). Paul va devoir faire amende honorable, et écrire la suite de Misery. Et il va devoir être convaincant pour écrire "Le retour de Misery". N'est-ce pas, Paul, que tu vas être convaincant, parce que sinon, Annie va se fâcher (petit coup d'œil vers la hache planquée dans la réserve…) ?

Misère de misère (désolée, je n’ai pas pu m’en empêcher !) que ces quelques semaines passées par Paul chez son hôtesse indésirable ! Sans éléments fantastiques ou monstre planqué sous le lit, sans super pouvoir ou éléments inexplicable, Stephen King crée un climat effroyablement terrifiant et stressant par la seule psychose implacable d'Annie, dont on découvre, en même temps que l'infortuné auteur, l'amplitude infinie !

J'avais déjà lu ce livre il y a longtemps, gardant en souvenir la trame principale et certaines scènes particulièrement marquantes pour mon jeune esprit (la hache bien sûr, la "bougie spéciale" sur le gâteau d'anniversaire, ou la tondeuse à gazon). Pour cette relecture, si j'admire la facilité avec laquelle King nous fait basculer très très rapidement dans l'horreur de la nouvelle vie de Sheldon, j'ai en revanche regretté l'avalanche de scènes particulièrement gores qui se succèdent parfois à un rythme vraiment effréné. J'ai préféré la seconde moitié du livre, qui privilégie la suggestion à la description.

L'histoire est donc menée tambour battant par un King en pleine forme, avec juste ce qu'il faut d'évènements et de révélations pour maintenir toujours à son maximum l'addiction du lecteur, qui se retrouve vite voyeur de cette relation un brin (enfin, un très gros brin !) sadomasochiste de l'auteur et de son infirmière. Enfin, nous avons deux histoires en une, puisque nous suivons la progression du "Retour de Misery" écrit par Paul dans les conditions que l'on sait !

On trouve également dans Misery, comme dans un certain nombre de romans de King, des thématiques récurrentes qui semblent importer à cet auteur prolifique. La mise en parallèle du "roman populaire", facile à lire et sans exigence, qui rapporte au compte en banque de son auteur, avec le roman de littérature, plus exigent, qui peine à trouver son lectorat, et qui ne permet pas de nourrir son homme ; c'est de la décision d'écrire de "vrais et bons" romans que survient la catastrophe (voir également La part des ténèbres par exemple). « Il s'appelait Paul Sheldon et écrivait deux sortes de romans : ceux qui étaient bons et ceux qui se vendaient bien. » Je me demande s'il n'y aurait pas là un message aux lecteurs…

On trouve, pêle-mêle, dans Misery un héros addictif : à la codéine pour Paul Sheldon, tout comme d'autres pouvaient l'être à l'alcool (dans Shinning par exemple), ou Stephen King himself. Comme dans La part des ténèbres, l'écriture passe du statut de métaphore de la vie au rang de pourvoyeur de vie, avec des réflexions plutôt intéressante sur la relation d'un écrivain avec le processus d'écriture. « Nul besoin d'un psychiatre pour se rendre compte de l'aspect autoérotique de l'écriture ; on brandouille une machine à écrire au lieu de s'astiquer soi-même, mais l'un comme l'autre dépendent d'une imagination fertile, d'une main rapide et d'un engagement sans faille dans l'art de l'outrance. »

Pour ma part, j'ai apprécié en particulier la relation amour-haine qu'entretient Sheldon vis-à-vis de son roman écrit sous la contrainte, au même titre que j'apprécie la relation trouble entre Beaumont et Stark dans La part des ténèbres. J'ai beaucoup aimé également la personnification qu'opère Paul sur les objets de son quotidien : la machine à écrire et son sourire édenté qui le nargue, le barbecue vorace de bonne littérature… « Elle [la machine à écrire] lui souriait de toute la splendeur de ses touches (sauf une), lui disant qu'il était juste et noble d'entreprendre, mais qu'à la fin un destin funeste l'attendait tout de même. » Et puis, toujours, un sens de la formulation pas très politiquement correct mais qui donne ce piment particulier, qui fait sourire le lecteur en même temps qu’il est horrifié de ce qu’il lit !

Bref, nul besoin d'épiloguer pendant des pages : Misery est un best-seller de King, adapté avec brio en 1990 avec une Kathy Bates plus vraie que nature ! Lisez l'un, regardez l'autre, et après, répondez à la question : a-t-il su ?




On dirait une veuve qui vient juste de se faire baiser après dix ans d'abstinence.


Dans l'obscurité, ce qui est rationnel devient stupide et la logique se réduit à un rêve.

Et alors, parce qu'il n'aurait pas pu supporter de faire autrement, Paul Sheldon sortit la dernière page du rouleau de la machine à écrire et traça à la plume le mot le plus aimé et le plus détesté dans le vocabulaire d'un écrivain : FIN.

 

jeudi 2 octobre 2014

10e session : spécial Stephen King

Thème : Stephen King VS Stephen King !


Ayant toutes les deux de nombreux livres en attente de lecture de cet auteur incontournable, nous avons décidé de faire une session spéciale Stephen King. Et pour pimenter le tout, nous allons choisir 2 ouvrages à lire, le premier datant d'avant 2000, ce que nous nommons "le vieux King", le second plus récent, "le nouveau King". Si vous souhaitez découvrir les lauréats avec nous, ou bien si vous les avez déjà lus, n'hésitez pas à nous faire part de votre avis !



Les lauréats :

Misery Chastain est morte. Paul Sheldon l'a tuée avec plaisir. Tout cela est bien normal, Misery Chastain est sa créature, le personnage principal de ses romans. Elle lui rapporte beaucoup d'argent, mais l'a aussi étouffé: sa mort l'a enfin libéré. Maintenant, il peut écrire un nouveau livre.
Un accident de voiture le laisse paralysé aux mains d'Annie Wilkes, l'infirmière qui le soigne chez elle. Une infirmière parfaite qui adore ses livres mais ne lui pardonne pas d'avoir fait mourir Misery Chastain. Alors, cloué dans sa chaise roulante, Paul Sheldon fait revivre Misery. Il n'a pas le choix...

Seul Stephen King pouvait écrire un pareil cauchemar. Un sommet de la démesure, un délire d'une logique implacable.

**

Danny Torrance a grandi. Ses démons aussi... Hanté par l’idée qu’il aurait pu hériter des pulsions meurtrières de son père Jack, Dan Torrance n’a jamais pu oublier le cauchemar de l’Hôtel Overlook. Trente ans plus tard, devenu aide-soignant dans un hospice du New Hampshire, il utilise ses pouvoirs surnaturels pour apaiser les mourants, gagnant ainsi le surnom de « Docteur Sleep », Docteur Sommeil. La rencontre avec Abra Stone, une gamine douée d’un shining phénoménal, va réveiller les démons de Dan, l’obligeant à se battre pour protéger Abra et sauver son âme...




Les malheureux "perdants" :

Le vieux King
Marche ou crève
La part des ténèbres
Carrie
Christine
Les yeux du dragon
L'année du loup-garou
Dolores Claiborne
Simetierre

Le nouveau King
Duma Key
22/11/63
Dreamcatcher
Roadmaster
Joyland
Nuits noires, étoiles mortes


Mains innocentes : nous-mêmes pour une fois !

   
Nakiami Gaenaria
Dépôt des critiques : 31 décembre

Bonnes lectures à tous !

  

9e session : le bilan

C'est sur une note plutôt maussade que se termine cette 9e session de CaroLire, consacrée à la BD. C'est à croire que les lauréats ne correspondaient pas à l'humeur littéraire du moment. Petit bilan quand même, ce sera rapide...

Annie Sullivan & Helen Keller

Seul lauréat à avoir eu sa critique par Nakiami, qui a trouvé cette histoire très intéressante et émouvante, malgré des graphismes pas vraiment engageants au début.

Note de Nakiami : ****


Ikkyu

Malheureusement les 6 tomes d'Ikkyu n'ont pas réellement trouvé preneur cette fois-ci, par manque d'envie, de temps et de disponibilité en librairie...
Gaenaria y a vaguement jeté un coup d'œil mais le format du livre étant trop grand, il était difficile de poursuivre la lecture en dehors qu'à la maison. L'envie n'y aidant pas, elle a abandonné le tome 1 en cours de route.

Peut-être poursuivra-t-elle l'aventure plus tard ?






Nous notons tout de même avec plaisir le succès des non-gagnants, notamment Sailor Twain, chroniqué par Tara pour cette session, et d'ores et déjà dans nos réservations à la bibliothèque ! Ainsi que la superbe liste fournie par Niluge, dont certains titres ont également été réservés et seront bientôt lus.

Une session très mitigée donc, dans laquelle les vaincus ont eu plus de succès que les vainqueurs, mais tant qu'on passe un bon moment, c'est l'essentiel, non ? ^_^


jeudi 25 septembre 2014

Sailor Twain par Taraxacum

Parfois, on aime bien faire son boutentrain, et on préfère lire les livres perdants que les sélectionnés. Du coup, la session n'en est que plus enrichie.
Voici cette fois l'avis de Tara sur cette BD (proposée par Nakiami) :

D'étranges êtres peuplent l'Hudson. C'est en tout cas ce que le capitaine d'un vapeur doit admettre en y repêchant une sirène, blessée d'un terrible coup de harpon à la queue. Il fait un pacte avec elle: il la soignera et la cachera jusqu'à ce qu'elle soit en état de replonger,mais jamais, jamais elle ne doit lui faire entendre son chant. Le marché conclu, on se laisse peu à peu happer par la vie à bord du vapeur, qui semble toujours si répétitive alors que la bateau monte et descend le fleuve, mais n'est en fait que l'eau qui dort. Les passagers vont et viennent mais l'équipage est toujours là et il semble qu'il se passe d'étranges choses à bord. Quid du comportement de Lafayette, le propriétaire? Est-ce simplement un cavaleur amateur de jupons ou est-ce plus compliqué? Et qu'est devenu son frère, le fondateur de la compagnie, mystérieusement disparu? Lafayette semble persuadé qu'il est vivant, mais alors pourquoi ne quitte il jamais le fleuve pour le chercher? Et ce mécanicien sourd est louche aussi...
La première chose qui frappe en ouvrant cet album est le trait: tout en noir et blanc, très doux et expressif, il convient parfaitement à l'ambiance onirique et se marie parfaitement avec le récit. Le récit en lui même est riche et nuancé, avec un scénario que j'ai trouvé très bien pensé. Un petit mot quand même sur la sirène: c'est une figure mythologique que je trouve parfois un peu sexiste, la vilaine femelle séduisant les pauvres mâles sans défense et les menant à leur perte sans qu'on comprenne trop ce que ça lui apporte, ça va cinq minutes mais franchement, ça manque complètement d'originalité depuis Homère et ça vire parfois au cliché. Ici, cet écueil est évité: la sirène a ses propres motivations, qu'on découvre petit à petit, et d'autres personnages féminins intéressants émaillent le récit. Un en particulier, mais ce serait vous gâcher une révélation qui n'arrive pas tout de suite d'en dire plus. J'ai trouvé ça particulièrement intéressant après avoir lu juste avant une autre bande-dessinée qui tombait je trouve dans le cliché sexiste à pieds joints. Comme quoi, il est possible de conter des histoires avec des sujets qui pourraient mal tourner, si c'est fait intelligement.
Je l'ai lu et relu avec plaisir et maintenant qu'il faut que je le rende à la bibliothèque, je vais vous avouer un truc: j'ai très envie d'aller l'acheter!
Une délicieuse découverte que je recommande chaudement.

Merci Tara, j'espère que ma bibliothèque l'a aussi ! ^_^

mercredi 24 septembre 2014

Annie Sullivan & Helen Keller, par Nakiami

Annie Sullivan & Helen Keller est une bande dessinée nous relatant l'histoire vraie de ces deux femmes.

Fin du XIXe siècle. Annie Sullivan, fille d'immigrés irlandais vivant dans le Massachussets, perd pratiquement la vue à 5 ans. Après une enfance très dure et perturbée, orpheline livrée à elle-même après la mort de son jeune frère dans un hospice aux mœurs douteuses, Annie décide de prendre son destin en main et plaide sa cause auprès d'un représentant de l'État, afin d'intégrer l'Institut Perkins pour les aveugles. C'est à 14 ans que, dépourvue de toute éducation et de savoir vivre, Annie intègre la célèbre école dont elle ressortira diplômée 6 ans plus tard. 

Helen Keller, quant à elle, est une enfant sourde et aveugle depuis sa plus tendre enfance, des suites d'une maladie. Ses parents ayant épuisé leurs ressources auprès de multiples médecins décident de faire appel à l'Institut Perkins pour les aveugles, dernier recours pour inculquer un semblant de vie et de joie dans le quotidien de leur fille de 8 ans. C'est ainsi qu'Annie Sullivan fait la connaissance d'Helen Keller, dont elle devient la perceptrice dans un premier temps, puis l'amie la plus chère.

Le caractère d'Annie, forgé par ses jeunes années dures et solitaires, et l'incroyable volonté d'apprendre d'Helen sont le fondement de l'histoire qui nous est ici racontée par Joseph Lambert. Nous suivons page à page l'évolution d'Helen dans sa compréhension du monde qui l'entoure, un monde qu'elle ne peut se représenter ni par la vue, ni par l'ouïe, et qui pourtant va envahir son esprit de toute sa complexité, sa splendeur et ses couleurs. Une histoire vraiment émouvante qui mérite d'être lue, pour sa véracité et pour la belle leçon de vie qu'elle nous apporte.

J'ai eu un peu de mal à m'habituer aux graphismes de cette bande dessinée, mais je trouve tout de même que l'illustrateur parvient parfaitement à représenter le manque : l'absence de la vue, de l'ouïe, mais également la solitude, la colère, ressortent parfaitement.

Au final, une lecture très intéressante, émouvante, relatant l'histoire de deux personnes admirables qui ont marqué le monde de la recherche pour les aveugles, les sourds et malentendants.