jeudi 23 octobre 2014

Misery, par Ellane

Misery, Stephen King

Paul Sheldon est très content : il a tué la poule aux œufs d'or, Misery Chastain, héroïne de romans à l'eau de rose qui lui a apporté notoriété et aisance financière, pour se consacrer à l'écriture d'un "vrai livre" d'auteur, Fast Car. Au volant de sa vieille voiture, il fête le mot "fin" déposer sur le premier jet de son nouveau manuscrit. Mais entre le champagne, l'euphorie, les virages et la tempête de neige, il perd le contrôle de son véhicule et c'est l'accident.

C'est Annie Walker qui le dégage de sa voiture. Ancienne infirmière vivant à présent seule dans une maison sans voisin, elle a posé des éclisses sur ses jambes en petits morceaux et lui fournit du Novril, des antidouleurs codéinés dont Paul ne peut bientôt plus se passer. Annie a reconnu en Paul Sheldon l'auteur qui écrit les aventures de Misery, dont elle est la fan numéro un.

Tout va presque bien dans le meilleur des mondes possibles jusqu'au jour où Annie découvre le triste sort que Paul a réservé à Misery dans son dernier roman (elle attend toujours la parution en édition de poche des aventures de son héroïne préférée). Paul va devoir faire amende honorable, et écrire la suite de Misery. Et il va devoir être convaincant pour écrire "Le retour de Misery". N'est-ce pas, Paul, que tu vas être convaincant, parce que sinon, Annie va se fâcher (petit coup d'œil vers la hache planquée dans la réserve…) ?

Misère de misère (désolée, je n’ai pas pu m’en empêcher !) que ces quelques semaines passées par Paul chez son hôtesse indésirable ! Sans éléments fantastiques ou monstre planqué sous le lit, sans super pouvoir ou éléments inexplicable, Stephen King crée un climat effroyablement terrifiant et stressant par la seule psychose implacable d'Annie, dont on découvre, en même temps que l'infortuné auteur, l'amplitude infinie !

J'avais déjà lu ce livre il y a longtemps, gardant en souvenir la trame principale et certaines scènes particulièrement marquantes pour mon jeune esprit (la hache bien sûr, la "bougie spéciale" sur le gâteau d'anniversaire, ou la tondeuse à gazon). Pour cette relecture, si j'admire la facilité avec laquelle King nous fait basculer très très rapidement dans l'horreur de la nouvelle vie de Sheldon, j'ai en revanche regretté l'avalanche de scènes particulièrement gores qui se succèdent parfois à un rythme vraiment effréné. J'ai préféré la seconde moitié du livre, qui privilégie la suggestion à la description.

L'histoire est donc menée tambour battant par un King en pleine forme, avec juste ce qu'il faut d'évènements et de révélations pour maintenir toujours à son maximum l'addiction du lecteur, qui se retrouve vite voyeur de cette relation un brin (enfin, un très gros brin !) sadomasochiste de l'auteur et de son infirmière. Enfin, nous avons deux histoires en une, puisque nous suivons la progression du "Retour de Misery" écrit par Paul dans les conditions que l'on sait !

On trouve également dans Misery, comme dans un certain nombre de romans de King, des thématiques récurrentes qui semblent importer à cet auteur prolifique. La mise en parallèle du "roman populaire", facile à lire et sans exigence, qui rapporte au compte en banque de son auteur, avec le roman de littérature, plus exigent, qui peine à trouver son lectorat, et qui ne permet pas de nourrir son homme ; c'est de la décision d'écrire de "vrais et bons" romans que survient la catastrophe (voir également La part des ténèbres par exemple). « Il s'appelait Paul Sheldon et écrivait deux sortes de romans : ceux qui étaient bons et ceux qui se vendaient bien. » Je me demande s'il n'y aurait pas là un message aux lecteurs…

On trouve, pêle-mêle, dans Misery un héros addictif : à la codéine pour Paul Sheldon, tout comme d'autres pouvaient l'être à l'alcool (dans Shinning par exemple), ou Stephen King himself. Comme dans La part des ténèbres, l'écriture passe du statut de métaphore de la vie au rang de pourvoyeur de vie, avec des réflexions plutôt intéressante sur la relation d'un écrivain avec le processus d'écriture. « Nul besoin d'un psychiatre pour se rendre compte de l'aspect autoérotique de l'écriture ; on brandouille une machine à écrire au lieu de s'astiquer soi-même, mais l'un comme l'autre dépendent d'une imagination fertile, d'une main rapide et d'un engagement sans faille dans l'art de l'outrance. »

Pour ma part, j'ai apprécié en particulier la relation amour-haine qu'entretient Sheldon vis-à-vis de son roman écrit sous la contrainte, au même titre que j'apprécie la relation trouble entre Beaumont et Stark dans La part des ténèbres. J'ai beaucoup aimé également la personnification qu'opère Paul sur les objets de son quotidien : la machine à écrire et son sourire édenté qui le nargue, le barbecue vorace de bonne littérature… « Elle [la machine à écrire] lui souriait de toute la splendeur de ses touches (sauf une), lui disant qu'il était juste et noble d'entreprendre, mais qu'à la fin un destin funeste l'attendait tout de même. » Et puis, toujours, un sens de la formulation pas très politiquement correct mais qui donne ce piment particulier, qui fait sourire le lecteur en même temps qu’il est horrifié de ce qu’il lit !

Bref, nul besoin d'épiloguer pendant des pages : Misery est un best-seller de King, adapté avec brio en 1990 avec une Kathy Bates plus vraie que nature ! Lisez l'un, regardez l'autre, et après, répondez à la question : a-t-il su ?




On dirait une veuve qui vient juste de se faire baiser après dix ans d'abstinence.


Dans l'obscurité, ce qui est rationnel devient stupide et la logique se réduit à un rêve.

Et alors, parce qu'il n'aurait pas pu supporter de faire autrement, Paul Sheldon sortit la dernière page du rouleau de la machine à écrire et traça à la plume le mot le plus aimé et le plus détesté dans le vocabulaire d'un écrivain : FIN.

 

jeudi 2 octobre 2014

10e session : spécial Stephen King

Thème : Stephen King VS Stephen King !


Ayant toutes les deux de nombreux livres en attente de lecture de cet auteur incontournable, nous avons décidé de faire une session spéciale Stephen King. Et pour pimenter le tout, nous allons choisir 2 ouvrages à lire, le premier datant d'avant 2000, ce que nous nommons "le vieux King", le second plus récent, "le nouveau King". Si vous souhaitez découvrir les lauréats avec nous, ou bien si vous les avez déjà lus, n'hésitez pas à nous faire part de votre avis !



Les lauréats :

Misery Chastain est morte. Paul Sheldon l'a tuée avec plaisir. Tout cela est bien normal, Misery Chastain est sa créature, le personnage principal de ses romans. Elle lui rapporte beaucoup d'argent, mais l'a aussi étouffé: sa mort l'a enfin libéré. Maintenant, il peut écrire un nouveau livre.
Un accident de voiture le laisse paralysé aux mains d'Annie Wilkes, l'infirmière qui le soigne chez elle. Une infirmière parfaite qui adore ses livres mais ne lui pardonne pas d'avoir fait mourir Misery Chastain. Alors, cloué dans sa chaise roulante, Paul Sheldon fait revivre Misery. Il n'a pas le choix...

Seul Stephen King pouvait écrire un pareil cauchemar. Un sommet de la démesure, un délire d'une logique implacable.

**

Danny Torrance a grandi. Ses démons aussi... Hanté par l’idée qu’il aurait pu hériter des pulsions meurtrières de son père Jack, Dan Torrance n’a jamais pu oublier le cauchemar de l’Hôtel Overlook. Trente ans plus tard, devenu aide-soignant dans un hospice du New Hampshire, il utilise ses pouvoirs surnaturels pour apaiser les mourants, gagnant ainsi le surnom de « Docteur Sleep », Docteur Sommeil. La rencontre avec Abra Stone, une gamine douée d’un shining phénoménal, va réveiller les démons de Dan, l’obligeant à se battre pour protéger Abra et sauver son âme...




Les malheureux "perdants" :

Le vieux King
Marche ou crève
La part des ténèbres
Carrie
Christine
Les yeux du dragon
L'année du loup-garou
Dolores Claiborne
Simetierre

Le nouveau King
Duma Key
22/11/63
Dreamcatcher
Roadmaster
Joyland
Nuits noires, étoiles mortes


Mains innocentes : nous-mêmes pour une fois !

   
Nakiami Gaenaria
Dépôt des critiques : 31 décembre

Bonnes lectures à tous !

  

9e session : le bilan

C'est sur une note plutôt maussade que se termine cette 9e session de CaroLire, consacrée à la BD. C'est à croire que les lauréats ne correspondaient pas à l'humeur littéraire du moment. Petit bilan quand même, ce sera rapide...

Annie Sullivan & Helen Keller

Seul lauréat à avoir eu sa critique par Nakiami, qui a trouvé cette histoire très intéressante et émouvante, malgré des graphismes pas vraiment engageants au début.

Note de Nakiami : ****


Ikkyu

Malheureusement les 6 tomes d'Ikkyu n'ont pas réellement trouvé preneur cette fois-ci, par manque d'envie, de temps et de disponibilité en librairie...
Gaenaria y a vaguement jeté un coup d'œil mais le format du livre étant trop grand, il était difficile de poursuivre la lecture en dehors qu'à la maison. L'envie n'y aidant pas, elle a abandonné le tome 1 en cours de route.

Peut-être poursuivra-t-elle l'aventure plus tard ?






Nous notons tout de même avec plaisir le succès des non-gagnants, notamment Sailor Twain, chroniqué par Tara pour cette session, et d'ores et déjà dans nos réservations à la bibliothèque ! Ainsi que la superbe liste fournie par Niluge, dont certains titres ont également été réservés et seront bientôt lus.

Une session très mitigée donc, dans laquelle les vaincus ont eu plus de succès que les vainqueurs, mais tant qu'on passe un bon moment, c'est l'essentiel, non ? ^_^


jeudi 25 septembre 2014

Sailor Twain par Taraxacum

Parfois, on aime bien faire son boutentrain, et on préfère lire les livres perdants que les sélectionnés. Du coup, la session n'en est que plus enrichie.
Voici cette fois l'avis de Tara sur cette BD (proposée par Nakiami) :

D'étranges êtres peuplent l'Hudson. C'est en tout cas ce que le capitaine d'un vapeur doit admettre en y repêchant une sirène, blessée d'un terrible coup de harpon à la queue. Il fait un pacte avec elle: il la soignera et la cachera jusqu'à ce qu'elle soit en état de replonger,mais jamais, jamais elle ne doit lui faire entendre son chant. Le marché conclu, on se laisse peu à peu happer par la vie à bord du vapeur, qui semble toujours si répétitive alors que la bateau monte et descend le fleuve, mais n'est en fait que l'eau qui dort. Les passagers vont et viennent mais l'équipage est toujours là et il semble qu'il se passe d'étranges choses à bord. Quid du comportement de Lafayette, le propriétaire? Est-ce simplement un cavaleur amateur de jupons ou est-ce plus compliqué? Et qu'est devenu son frère, le fondateur de la compagnie, mystérieusement disparu? Lafayette semble persuadé qu'il est vivant, mais alors pourquoi ne quitte il jamais le fleuve pour le chercher? Et ce mécanicien sourd est louche aussi...
La première chose qui frappe en ouvrant cet album est le trait: tout en noir et blanc, très doux et expressif, il convient parfaitement à l'ambiance onirique et se marie parfaitement avec le récit. Le récit en lui même est riche et nuancé, avec un scénario que j'ai trouvé très bien pensé. Un petit mot quand même sur la sirène: c'est une figure mythologique que je trouve parfois un peu sexiste, la vilaine femelle séduisant les pauvres mâles sans défense et les menant à leur perte sans qu'on comprenne trop ce que ça lui apporte, ça va cinq minutes mais franchement, ça manque complètement d'originalité depuis Homère et ça vire parfois au cliché. Ici, cet écueil est évité: la sirène a ses propres motivations, qu'on découvre petit à petit, et d'autres personnages féminins intéressants émaillent le récit. Un en particulier, mais ce serait vous gâcher une révélation qui n'arrive pas tout de suite d'en dire plus. J'ai trouvé ça particulièrement intéressant après avoir lu juste avant une autre bande-dessinée qui tombait je trouve dans le cliché sexiste à pieds joints. Comme quoi, il est possible de conter des histoires avec des sujets qui pourraient mal tourner, si c'est fait intelligement.
Je l'ai lu et relu avec plaisir et maintenant qu'il faut que je le rende à la bibliothèque, je vais vous avouer un truc: j'ai très envie d'aller l'acheter!
Une délicieuse découverte que je recommande chaudement.

Merci Tara, j'espère que ma bibliothèque l'a aussi ! ^_^

mercredi 24 septembre 2014

Annie Sullivan & Helen Keller, par Nakiami

Annie Sullivan & Helen Keller est une bande dessinée nous relatant l'histoire vraie de ces deux femmes.

Fin du XIXe siècle. Annie Sullivan, fille d'immigrés irlandais vivant dans le Massachussets, perd pratiquement la vue à 5 ans. Après une enfance très dure et perturbée, orpheline livrée à elle-même après la mort de son jeune frère dans un hospice aux mœurs douteuses, Annie décide de prendre son destin en main et plaide sa cause auprès d'un représentant de l'État, afin d'intégrer l'Institut Perkins pour les aveugles. C'est à 14 ans que, dépourvue de toute éducation et de savoir vivre, Annie intègre la célèbre école dont elle ressortira diplômée 6 ans plus tard. 

Helen Keller, quant à elle, est une enfant sourde et aveugle depuis sa plus tendre enfance, des suites d'une maladie. Ses parents ayant épuisé leurs ressources auprès de multiples médecins décident de faire appel à l'Institut Perkins pour les aveugles, dernier recours pour inculquer un semblant de vie et de joie dans le quotidien de leur fille de 8 ans. C'est ainsi qu'Annie Sullivan fait la connaissance d'Helen Keller, dont elle devient la perceptrice dans un premier temps, puis l'amie la plus chère.

Le caractère d'Annie, forgé par ses jeunes années dures et solitaires, et l'incroyable volonté d'apprendre d'Helen sont le fondement de l'histoire qui nous est ici racontée par Joseph Lambert. Nous suivons page à page l'évolution d'Helen dans sa compréhension du monde qui l'entoure, un monde qu'elle ne peut se représenter ni par la vue, ni par l'ouïe, et qui pourtant va envahir son esprit de toute sa complexité, sa splendeur et ses couleurs. Une histoire vraiment émouvante qui mérite d'être lue, pour sa véracité et pour la belle leçon de vie qu'elle nous apporte.

J'ai eu un peu de mal à m'habituer aux graphismes de cette bande dessinée, mais je trouve tout de même que l'illustrateur parvient parfaitement à représenter le manque : l'absence de la vue, de l'ouïe, mais également la solitude, la colère, ressortent parfaitement.

Au final, une lecture très intéressante, émouvante, relatant l'histoire de deux personnes admirables qui ont marqué le monde de la recherche pour les aveugles, les sourds et malentendants.

   

jeudi 24 juillet 2014

8e session : le bilan

Cette 8e session exceptionnelle, puisqu'elle vous donnait l'occasion de lire deux livres (au choix ou non) issus de la bibliothèque des Carolines, a pris fin.
Il me faut donc dresser le bilan sur ces 2 titres fraîchement lus.

La Chambre des Curiosités (sélection de Nakiami)
Ce livre, lu par Nakiami et par Tara, semble avoir été une lecture agréable, un bon thriller qui se lit vite et bien et qui, pour certains, donne envie de découvrir les autres titres de la série. Pour d'autres, il sonne trop le déjà-vu pour aller au-delà de cette histoire.
Mais en résumé, les lectrices semblent conseiller la lecture de ce roman.

Note : *** (en supposant que Tara donne **)

Sunk (sélection de Gaenaria)
Cette OVNI, lu par Gaenaria et Nakiami, a été une lecture pour le moins incongrue. Le livre est tombé des mains de Nakiami, tandis que Gaenaria a découvert une lecture surprenante et étourdissante. Difficile de faire un bilan d'un livre qui sort des sentiers battus (et rebattus), et qui nous fait découvrir autre chose que les lectures habituelles. Toute l'originalité tient dans ce contraste avec les autres qui, pour certains, est de trop. Mais quand on y prend goût, il nous donne l'opportunité d'une expérience bienvenue qui fait du bien car il lave un peu notre cerveau de toutes les facilités de nos lectures quotidiennes. Une bouffée d'air frais qui peut être salutaire en ce moment, non ?

Note : ** (en supposant que Gaenaria donne **** et Nakiami *)

Un bilan mitigé qui oscille entre un divertissement agréable mais sans surprise et une découverte dont l'originalité perd parfois son lecteur.
Que chacun y trouve son compte !

jeudi 10 juillet 2014

9e session : bandes dessinées et mangas

En ce début de juillet bien peu ensoleillé, voici que commence notre session de l'été ! Bandes dessinées et mangas sont au programme, histoire de varier un peu les plaisirs. Vite lu ? Que nenni mes amis, puisque comme nous partons toutes et tous en vacances (enfin nous oui, et nous espérons que vous aussi), notre main innocente a sélectionné deux vainqueurs pour cette session !

Avant de vous dévoiler participants et lauréats, une petite précision sur cette sélection, puisque Gaenaria a laissé sa place à l'ami Jérôme, alias Niluge, pour réaliser ses choix. Sieur Niluge s'y connaît certes bien plus que nous et ses propositions sont bien alléchantes. Merci à lui pour sa participation exceptionnelle. Malheureusement la main innocente, en la personne de la charmante et très jeune Louise, n'a sélectionné aucun des titres proposés par Niluge, mais nous ne doutons pas, vu  leur qualité, qu'ils trouveront preneurs très rapidement...

Nous vous avons suffisamment fait attendre, voici donc les deux lauréats de la 9e session CaroLire !


Annie Sullivan & Helen Keller, de Joseph Lambert

Née en 1880 dans l’Alabama, la petite Helen Keller devient aveugle et sourde à l’âge de dix-neuf mois, probablement des suites d’une méningite. Elle devient alors incapable de communiquer avec son entourage, si ce n’est avec quelques gestes maladroits. Sa vie va être bouleversée à l’âge de six ans quand ses parents engagent Annie Sullivan comme gouvernante. Annie Sullivan, alors âgée de 20 ans, vient de finir ses études à l’Institut pour aveugles Perkins. Elle-même mal voyante, elle a appris à enseigner la langue des signes dans cette institution précurseur. Elle va prendre en charge l’éducation de Helen Keller, et au fil des mois elle va réussir non seulement à établir un contact avec l’enfant, mais à lui apprendre le langage des signes, puis l’écriture. Les deux femmes resteront amie à vie.

Helen Keller deviendra une figure de la société américaine, écrivain féministe, elle mènera également un combat politique, sera membre du parti socialiste américain et créera une fondation. Complémentaire des livres ou films existant à propos d’Helen Keller, cette bande dessinée est centrée sur l’histoire de cette extraordinaire rencontre et sur les nombreux obstacles contre lesquels va buter Annie Sullivan dans une famille très conservatrice du Sud des États-Unis. Une incroyable leçon d’humanité, magnifiquement dessinée par Joseph Lambert.


Ikkyu, de Isashi Sakagushi (6 tomes)

Ikkyu est un célèbre bonze japonais qui vécu au XVe siècle. Fils illégitime de l'Empereur Gokomatsu, il va d'abord renier son rang puis mettre son enseignement en question avant de trouver la sagesse par lui-même. Pour cela il va parcourir le monde, et marquer de son empreinte toutes les écoles bouddhistes du Japon. Puis, retiré loin des monastères et des palais, il attendra sereinement la mort. Son esprit libre et ses préceptes vont profondément marquer le bouddhisme japonais pendant plusieurs siècles. 

Ikkyu est le dernier ouvrage d'Hisashi Sakaguchi, maître de la bande dessinée qui s'est éteint quelques mois après la mort de son héros de papier. C'est une joie que de redécouvrir les aventures d' Ikkyu en grand format dans la prestigieuse collection Intégra qui valorise ainsi à un juste degré l'un des meilleurs manga.



Le hasard fait bien les choses, et nous avons équitablement une bande dessinée et un manga à découvrir ! Et voici à présent la liste des malheureux "perdants".


Propositions de Jérôme

Universal War 1. Série en 6 Tomes de Denis Bajram.

Entre Saturne et Jupiter, au cœur des jeunes États les plus prospères de la Fédération des Terres Unies, la troisième flotte de l'United Earthes Force veillait inlassablement sur le périphérie du système solaire. elle assurait par son gigantisme un incroyable sentiment de sécurité à ses habitants.
Mais le MUR est apparu. Si grand, si sombre. Insondable.

Le scénario est vraiment bien conçu, il se laisse vraiment découvrir pendant les 6 tomes. Ok, certaines ficelles on déjà été utilisée en SF, mais je sais pas…. il m’a bien tenu en haleine. Le tout accompagné de très beau dessins. Si vous avez une envie de SF, foncez !


Wisher : Série en 4 Tomes de Sébastien Latour / Giulo Devia.

Un jeune homme, beau gosse, dragueur et un peu escroc, se retrouve mêlé à une sorte de bataille dans le Londre contemporain entre des étranges hommes au chapeau melon et tout un peuple caché…

Bon ça m’a rappelé un peu Neverwhere, mais juste dans l’idée d’un second Londres un peu caché et magique. Mythe se mélange au monde réel et c’est très sympa. Rythmé et drôle.



Le singe de Hartlepool de Wilfrid Lupano et Jérémie Moreau en
1 tome
En pleine guerre napoléonienne, un navire français fait naufrage au large de Hartlepool. Parmi les débris, un seul survivant : un chimpanzé, mascotte de l'équipage portant l'uniforme tricolore. Mais, dans ce petit village d'Angleterre, où personne n'a jamais vu de Français, l'animal correspond assez bien à l'idée qu'on se fait de l'ennemi.

Un peu suréaliste mais très… plausible, humain. Le dessin n’est pas classique mais créé un style vraiment sympa. L’histoire est loufoque, parfois triste mais souvent drôle.


Le Jardin d'Hiver de Dillies & La Padula en 1 tome
Sam est barman dans une grande ville. On va suivre son histoire de mec un peu paumé, jonglant entre rencontres et galères.

J’avais un peu peur au début du dessin, mais au final il est parfait, avec les couleurs, il donne une atmosphère vraiment très poétique. Parfois doux, parfois brut. Et l’histoire est tendre, drôle et touchante. Au final on ne fait que suivre un petit bout de vie. Les personnages sont sympathiques. Vi, j’ai bien aimé ^^



Autres propositions non retenues

Sailor Twain, de Mark Siegel en 1 tome

Fin du XIXe siècle, Elijah Twain est le capitaine du Lorelei, un bateau à vapeur qui navigue sur l'Hudson, dans l'État de New York. Quand il trouve sur le pont une sirène blessée, il la recueille secrètement, la soigne et tombe peu à peu sous son charme. Parce qu'il veut en savoir plus sur cette créature, Twain se retrouve au cœur d'un drame dont aucun occupant du bateau ne sortira indemne. Car nul ne peut côtoyer une sirène sans en payer un jour le prix. 

Un récit dans la tradition du roman américain du XIXe siècle, qui mêle drame, mystère, sentiments et suspense.


Souvenirs de l'empire de l'atome, d'Alexandre Clérisse et Thierry Smolderen, en 1 tome

1953 : La Terre est entrée dans l'âge de l'atome, mais un homme s'interroge sur la civilisation qui l'entoure. Cet homme, c'est Paul - un écrivain de science-fiction qui depuis son enfance vit en contact télépathique avec le héros d'une épopée galactique située dans un lointain futur.

Le cas de Paul devient célèbre à la suite d'un article. Gibbon Zelbub, consultant bien connu du Pentagone et de l'industrie américaine, commence alors à s'intéresser à lui. Dans un laboratoire du Vermont, Paul va subir une expérience hypnotique qui lui fera commettre l'irréparable et briser l'honneur de son ami Zarth Arn, le plus grand chef militaire de l'histoire des étoiles...


Les fils de la terre, de Môri Jinpachi et Hataji Hideaki, en 3 tomes

Shuntaro Natsume, un jeune membre du ministère Japonais de la Culture et de l'Éducation, se voit confier par le Premier ministre en personne une très lourde mission : celle de redresser l'agriculture de son pays, en trouvant le moyen de pousser chaque année quinze mille nouveaux jeunes vers les métiers de la terre. Afin de remplir cet objectif, il est affecté comme professeur dans un petit lycée agricole Perdu au fin fond des montagnes. Là, il va apprendre à connaître le milieu rural et surtout... les difficultés auxquelles les agriculteurs, tout comme les jeunes qui veulent continuer à vivre dans les campagnes, sont quotidiennement confrontés. Au Japon, comme France, les populations désirent maintenant revenir vers une alimentation naturelle tout en protégeant leur environnement. Mais les nouveaux défis énergétiques et le choix d'une agriculture plus " bio " ne seront réalisables qu'en créant des millions d'emplois dans les métiers de la nature et de l'agriculture. Et cela dans des délais rapides. La génération manges va donc être celle par qui tous les changements concrets et radicaux de notre Société se concrétisent, dans les années à venir. Il était donc normal que des héros comme ceux que l'on découvre dans Les fils de la Terre soient proposés à des jeunes plutôt habitués à des personnages de fiction finalement assez éloignés des défis réels qu'eux-mêmes vont devoir relever dans un avenir très proche. 


Et voilà, une sélection très éclectique, comme vous avez pu le constater ! Et oui, il en faut pour tous les goûts...


Main innocente
Louise

Dépôt des critiques : avant le 30 septembre

Bonne lecture !